Se libérer de la "pollution relationnelle" et des messages "toxiques".

                                                                          Par Simon Trahard - Mars 2010

 

    On pourrait appeller "pollution relationnelle"  l'ensemble des violences et de l'agressivité  visible ou invisible que nous imposons souvent aux autres (ou que nous recevons d'autrui), ces violences et cette agressivité sont caractérisés par les désirs qu'on veut imposer, par des piques blessantes, par de la dévalorisation, du chantage, des menaces, des culpabilisations et aussi du maintien dans un type de relation dominants/dominés au quotidien. Il est d'ailleurs extrêment difficile de sortir de ce maintien des relations de domination en raison des résistances psychiques qui vont être mises en place par chacun dès qu'il y aura de l'agressivité ou des violences ressenties.

Ces violences que nous adressons aux autres et qui nous sont adressées reflètent souvent les parts d'émotions que nous ne ne savons pas écouter à l'intérieur de nous même. Ces violences surgissent principalement au travers de défenses non contrôlées et d'une tension créée par un certain type de situation.

La "pollution relationnelle" est universelle, visible ou plus cachée, sournoise et parfois montrée au grand jour.  Elle circule dans beaucoup de relations voir même dans la plupart des relations humaines mais la plus douloureuse et la plus destructrice sévit dans certaines relations familiales, amoureuses ou professionnelles. Il s'agira alors de repérer cette "pollution relationnelle" et ces violences présentes à l'intérieur de chacun d'entre nous et de pouvoir agir en conséquence. La prise de recul ainsi que la prise de conscience de ce type de pollution et de violences fait naître en nous une nouvelle manière de concevoir notre propre être et également d'accepter en nous ces aspects que nous avons tendance à nier.

Mais de nos jours dans nos sociétés occidentales, la source du problème en ce qui concerne cette "pollution relationnelle" , c'est qu'elle devient banale, qu'elle est hélas aujourd'hui insérée dans le tissu des relations humaines dites "normales", de relations pauvres nourries de pseudos communications, de pseudos remises en cause qui n'en sont pas, entretenues à longueur de temps par des silences, des non dits, des malentendus, toujours plus blessants. Cette pollution relationnelle est constament alimentée par de la répression contre soi ou l'autre d'ordre imaginaire, elle suscite toujours des peurs et des interdits, sème le doute et la non confiance en soi, elle est à la base d'une violence propre à l'être humain qui touche de nombreux enfants et adultes à diverses périodes de leur vie. elle représente la manifestation du pôle "destructeur" de l'être humain en oposition au pôle "créateur". Elle fait des ravages dans le quotidien de beaucoup d'entre nous, s'inscrit même parfois durablement dans la mémoire de nos corps en nous scarifiant par l'intensité de sa violence, elle conditionne et détermine de mauvaises habitudes de vie et des comportements "toxiques" qui vont empoisonner toute une existence et même parfois se prolonger sur notre descendance au travers un chaîne de répétition sans fin.

La solution sera alors de tenter chaque jour de se détacher de SA pollution et de SES propres violence. Il s'agira de comprendre tous ces faits et de repérer au travers d'un travail quotidien toute cette "pollution" que nous imposons aux autres et à nous même en premier lieu. Il s'agira par la suite de se défaire progressivement de la pollution et des violences que les autres nous imposent, mais il est primordial de ne pas négliger la priorité de d'abord le comprendre nous même et de l'appliquer avant de pouvoir être capable de le faire avec les autres.

Les manifestations ordinaires de la "pollution relationnelle" sont repérables facilement dans notre quotidien. On pourrai par exemple citer la pratique abusive de l'injonction (parler sur l'autre, le définir, l'étiqueter…) la dévalorisation répétitive (quand l'autre ne voit en priorité que ce qui ne va pas, ce que nous n'avons pas fait), les jugements de valeur (sur les conduites, les comportements), les disqualifications (sur les idées, les croyances), le chantage affectif (pour nous entraîner dans des choix qui ne sont pas les nôtres et qui ne représenetent pas ce que nous sommes vraiment) , les menaces réelles ou fantasmées, la culpabilisation (qui nous laissant croire que nous sommes à l'origine du mal être ou du malaise de l'autre), le maintien des rapports dominants dominés (quand l'un veut imposer son point de vue, son désir, ses croyances…)

Nous pouvons tous reconnaitre en nous que nous avons trop souvent tendance à utiliser abusivement ces "outils de pollution relationnelle", souvent avec les gens que nous aimons le plus d'ailleurs, et nous pouvons également nous remettre en cause positivement et éviter de nous culpabiliser en ce qui concerne notre manière d'avoir agit. Le principal est de l'avoir compris, de le reconnaitre en soi et de tenter de l'avoir à l'esprit un peu plus chaque jour à chaque fois que nous nous retrouvons dasn une "impasse relationnelle"

La "pollution relationnelle" peut également s'appuyer sur des peurs et des angoisses déposées en nous ou sur nous par un proche, aveugle ou inconscient de ce qu'il nous fait vivre quand nous sommes dans sa proximité. Il existe également beaucoup de comportements et d'attitudes "toxiques", des conduites qui blessent notre sensibilité et notre image, qui malgré toutes nos vaines tentatives de mise à distance, nos avertissements, nos réticences ou nos mises en garde continuent à être produits pour ceux qui nous entourent et par ceux qui nous entourent.

    D'un point de vue théorique, il esst reconnu que nous nous construisons (ou nous détruisons) à partir de la qualité (ou des carences) des relations qui nous sont proposées par nos parents, par nos proches et par les personnes significatives de notre histoire, et en particulier dasn notre petite enfance. Nous allons bâtir l'essentiel de nos schémas relationnels et de nos conduites à l'égard du monde, sur des bases de confiance ou de défiance, d'ouverture ou de fermeture, d'interdits ou d'autorisation à être, à partir à partir du positif ou du toxique émis par ces messages. Ils vont constituer autant d'ancrages positifs ou négatifs dans la construction de nos échanges avec autrui.

     Cependant, nous ne sommes pas pour autant déterminés à entretenir une "pollution relationnelle", car malgré tout, nous pouvons travailler sur ces mêmes schémas relationnels et les faire changer de manière radicale, c'est notre être qui doit alors être remis en cause à part entière. La prise de consience de cette pollution et de ces violences crées ou reçues modifient profondément notre manière de voir les choses et d'abborder les relations humaines;  par la suite, au travers d'un travail régulier, nous pourrons faire en sorte de transformer progressiment ces schémas relationnnels qui ne nous correspondent pas.

Cette pollution relationnelle est néfaste pour un enfant, ce sont autant de messages toxiques qui ne favorisent en rien son épanouissement et le développement de sa maturité.
De même, la pollution est souvent au coeur des relations intimes, dans beaucoup de relations de couple aussi, en particulier celui du désir sur l'autre “si tu m'aimais, tu aurais envie de faire l'amour quand j'en ai envie, si tu tenais à moi tu me ferais un enfant, si j'avais un minimum d'importance pour toi, tu renoncerais à eux, à lui, à elle (ou bien encore au ping pong, ou au tennis…)” ou encore, “moi je t'aime, donc tu n'as pas le droit de me quitter, si tu t'en vas, ne compte pas avoir les enfants, je ferais tout pour te les enlever… Je préfère te tuer que de te voir vivre avec un autre !” “On voit bien que tu n'es pas normale, tu refuses toujours tout…Si tu ne promets pas la sécurité je t'aime en différé... c'est toi qui a voulu cette relation... ”

Dans d'autres cas, comme par exemple dans certaines relations professionnelles, la pollution relationnelle est mise en évidence autour d'interactions telles que le harcèlement moral, les perversités diffuses pour déstabiliser, blesser, meurtrir l'autre et garder ainsi le pouvoir sur lui… les remarques blessantes.. les rapports hiérarchiques non respectueux... les paroles et les gestes déplacés sont également la somme des "violences" qui aujourd'hui parraissent  "normales" à beaucoup de monde...
Il existe bien sûr également toutes les violences liées à des abus de pouvoir, à des humiliations infligées à l'occasion d'un contrôle par les forces de l'ordre, avec les rapports de force imposés par celui qui porte un uniforme ou exerce une fonction, derrière lequel il peut abriter quelquefois sa vulnérabilité, mais aussi exercer son sadisme et sa perversité. Ce type de violence et de pollution relationnelle est le plus destrcuteur de tous car il implique la notion de pouvoir justement, et dasn notre vie en société, il est parfois difficile d'accepter de but en blanc toutes les décisions qui nous sont "imposées"...

La coercition sociale qui est exercée chaque jour sur nous à grande échelle n'est pas une finalité. Il nous appartiens de dépasser ce niveau de conscience et de vivre dans le monde tel qu'il existe en composant en premier lieu avec nos propres émotions et sentiments, le reste vient après, en particulier tout ce qui concerne la rationnalisation et l'intellectualisation à outrance dans tous les sens que nous avons tendance à mettre en place en ce qui concerne la majorité des choses de la vie..

La somme générée de toute cette polution et de toutes  ses violences diffusées dans l'intimité des familles, des couples, ou dans celles plus larges des relations professionnelles et sociales est indubitablement largement supérieure à toutes les violences spectaculaires qui nous sont montrées à la télévision ou sur internet. Car même si ces violences sont moins meurtrières et moins sanglantes immédiatement, elles tuent à petit feu, saignent l'âme, empoisonnent nos existences et laissent des cicatrices douloureuses parfois même sur plusieurs générations…

Quand nous nous retrouvons face à notre pollution relationnelle, il sera juste de songer à prendre le risque de se remettre en cause, de se définir, de se positionner, de témoigner de son ressenti et de chercher aussi l'aide et le soutien d'un tiers quand le besoin en est ressenti, pour pouvoir se confronter sans se détruire à ses manifestations.

La pollution relationnelle n'est pas une fin en soi, elle est présente chaque jour autour de nous, en nous, et il nous appartient pleinement de nous mettre au CLAIR avec elle.

     Vous voulez réagir à cette chronique ? Laissez un commentaire ici  

 

© 2013