La "remise en cause" ou comment se détacher des "Systèmes relationnels" toxiques.

par Simon TRAHARD. Mars 2010

    La vie nous offre parfois de rencontrer des personnes, de voir des choses, d'entendre des choses, qui nous ouvrent les yeux sur le monde, sur l'univers incommensurable de l'irrationnel et sur les limites de notre être, qui nous ouvrent les yeux sur la simplicité, sur la beauté de l'instant, de l'inattendu qui surprend et qui nous fait nous sentir vivants.

   Nous sommes quasiment tous confrontés un jour ou l'autre à une fêlure, à un traumatisme ou encore à l'irruption soudaine d'une catastrophe intime qui va remettre en question toutes nos croyances, tout ce que nous "pensions" savoir sur nous et sur les autres. Ces évènements traumatiques sont la clé dissimulée d'un dépassement de soi, ces "cassures" ou ces "obstacles" sur notre chemin de vie sont autant d'opportunités de se réaliser qu'elles sont des épreuves à surmonter. Nous devrons à chaque fois prendre conscience de l'évidence nécessaire d'un lacher prise sur tous nos conditionnements internes, sur toutes nos pré considérations, nos principes erronnés, et sur toutes les émotions qui se manifestent au travers de notre corps, de notre esprit, et de leur façon de s'exposer au monde.


   Nous sommes tous capables d'une forme d' "écoute interne", que l'on s'éveille ou non pour la première fois à cette expérience de découverte de soi même, que l'on s'ouvre ou que l'on résiste, que nous devennions attentif ou que nous restions sourds et aveugles aux symboles dissimulés de l'invisible, à l'"écoute" de notre propre énergie, à l'infime présence du "divin" qui réside en chacun de nous ou bien encore que l'on subisse le poids d'un conditionnement interne trop rationnel ou trop logique.

   Nous sommes tous capables de nous servir de ces périodes sensibles pour "comprendre" au travers d'un évènement traumatique, d'une crise, d'une rencontre, d'une séparation, d'un amour naissant, voire encore "d'un accident de la vie" ou d'une maladie, que nous avons des "besoins" nouveaux  qui souvent nous dérangent mais nous stimulent également pour construire notre vie sur de nouvelles bases plus "vraies".

   Nous pourrions faire une liste exhaustive de certains de ces "besoins" nouveaux que l'on peut être amenés à ressentir dans ces moments particuliers de vie.  Le "besoin" de dépasser l'engrenage des répétitions néfastes, "besoin" de sortir de l'enfermement en des croyances erronées ou trop réductrices ou destructrices, "besoin" de faire face à ses démons et de traverser ses peurs pour mieux aller à la rencontre de ses désirs, ou bien encore le "besoin" d'aller au-delà de comportements toxiques que nous pensons ne pas nous correspondre, au delà de conduites et d'habitudes de vie dans lesquelles nous ne nous reconnaissons pas.

   Nous sommes tous capables de comprendre que le fait de bailloner et de ligoter nos souffrances et nos peurs pour mieux les fuir n'est pas une solution, que le fait de se comporter de manière endurcie face aux autres par des comprtements et des conduites défensives aggressives n'arrange pas les rapports humains; les êtres humains ont souvent tendance à se défendre et s'armer d'agressivité pour mieux fuir ou encore oublier leurs propres "failles", leurs propres vulnérabilités. Toutes les réactions agressives ou les mouvements de fuite et de repli sur soi ne sont que la manifestation spirituelle et physique d'un conflit personnel intime non résolu.

   Le meilleurs moyen de comprendre ces réactions inconscientes est d'entreprendre un retour sur soi, une remise en cause, une prise de recul, de tenter de développer une nouvelle écoute pour une nouvelle compréhension dans une démarche de changement ou développement personnel. Ainsi en acceptant de reconnaître, d'écouter, de tenter de comprendre et sinon de guérir ou d'atteindre les blessures de notre propre histoire, nous tentons de leur donner du sens pour qu'elle ne pèsent plus par leur "non sens". 

   La grande majorité des "systèmes relationnels" qui ont traversé les ages depuis des centaines d'années, (et cela quel que soit le système politique dominant ou l'influence socio-culturelle) dans lesquelles nous avons grandi, que nous cautionnons ou non, mais que nous perpétuons et transmettons quasi spontanément à nos enfants, représente en réalité un engrenage pervers, répétitif, fondamentalement toxique et contrariant pour l'épanouissement de la personne.

   Si l'ensemble de ces "systèmes relationnels" ont pu permettre la survie de l'être humain sur la terre, ils n'ont en rien favorisé le développement de l'intellect, de la croissance, de la créativité, ou encore de l'accès à ses véritables potentialités. 
Ces "sytèmes" favorisent le "morcellement de l'être", pénalisent et enferment les hommes dans un schéma donné, maintiennent un aveuglement dans la recherche de son unité, édifient des barrages émotionnels à l'éclosion de nos potentialités propres et des murs de résistance à la convivialité et à l'unité, à une mise en commun, à un partage toujours plus important des ressources les plus merveilleuses de chacun.
 

   Si un des sens de l'existence est de "produire de la vie", chacun d'entre nous est alors nécessairement porteur de cette promesse. Je pense que c'est l'enjeu fondamental dans l'existence de chacun, d'agrandir, de dépasser ses limites imposées, d'enrichir la parcelle de vie dont il est porteur. C'est le sens profond et signifiant de notre passage sur terre appelé : une existence, une vie, un instant.
Agrandir la vie et le comprendre, c'est être susceptible de produire (oui produire !) plus d'amour et d'énergie et à notre tour de faire rayonner ce type de pensées qui me semblent "humaines".

Devenir soi, devenir vrai, devenir un être réel, au travers de la découverte de son propre pouvoir de transformation sur soi et sur son entourage. Un des pouvoirs le plus extraordinaire que nous possédons est celui de pouvoir nous transformer et de pouvoir évoluer pour nous ainsi mieux nous relier aux multiples richesses de nos potentialités.

C'est donc un travail de longue haleine, de remise en question, de réconciliation et d'unification qu'il nous appartient de faire.

Un travail quotidien pour chaque jour nous relier un peu plus au lien privilégié que nous avons avec la terre et ses forces vives, pour tenter de nous réconcilier avec le "divin" qui est ancré en chacun de nous, pour sublimer en chaque instant les vibrations subtiles de la vie, pour s'ouvrir un peu plus à la réfexion intime d'une "nouvelle conscience" qui pourrait nous permettre de ne plus nous laisser abuser par les apparences ou les tentations d'une vie matérialiste, superficielle et asservie à la consommation et aux "systèmes relationnels" toxiques dont nous parlions précédemment. 

Nous avons égament à mettre en place un travail pour tenter de nous réconcilier avec notre propre histoire et notre passé, pour mieux "lâcher prise" sur le ressentiments et les rancœurs, et ainsi pouvoir d'avantage écouter ses émotions et ses pensées. 

 Les divers moyens de parvenir à effectuer ce travail sont nombreux, les chemins en sont multiples, qu'ils soient étroits ou labyrinthiques, largement ouverts ou séduisants, ils restent pour l'essentiel à les parcourir avec ténacité, cohérence et courage. Et les racines dans lesquelles nous nous prenons parfois les pieds sont là pour nous rappeller qu'il ne faut pas rester assis au bord du chemin une fois que l'on est tombé.. mais se relever et continuer d'avancer sur ce chemin.
C'est le travail de chacun, le travail d'une vie.

Ce phénomène de "remise en question" concerne semble-t-il chacun d'entre nous, même si certains paraissent plus éveillés, plus conscients pour le sentir et l'accueillir. Il s'agirait en quelque sorte, c'est une métaphore bien sûr, de l'activité d'une "antenne" du cerveau lancée vers l'univers, tel un radar relationnel en perpétuel mouvement d'attentivité, pour capter l'intime des pulsations de la vie, pour nous permettre d'accéder aux informations nécessaires non seulement à la compréhension de notre existence mais au sens subtil et à l'unité du divin dont nous sommes partie prenante… à part entière.

Ce phénomène, qui ressemble beaucoup à ce que Jung nommait la "synchronicité", ou que Redfield décrivait comme les "coïncidences inattendues ou inespérées", serait en quelque sorte la "rencontre adéquate", la correspondance imprévisible et juste d'une réalité jusque là invisible avec, au delà de nos attentes, notre intention profonde, le sens de notre vie.

Ce qui m'intrigue dans ce phénomène, c'est le sens de l'imprévisibilité dans cette correspondance, qui apparaît à un moment donné dans notre vie pour en révéler toute la profondeur, la consistance, l'infini.

J'ai pu constater que tout cela se manifestait généralement au travers d'un accord avec soi même, d'une bienveillance intime ou d'une générosité personnelle qui surgissent parfois entre une attente et une réponse de la vie, entre un oubli et un souvenir, entre un désir et un cadeau de l'existence... quand nous sommes suffisamment ouverts, libres et disponibles pour percevoir, accueillir ou saisir et intégrer ces signes à notre expérience, pour l'engranger et le dynamiser dans notre présent.

Il semblerait que si notre intention profonde, si elle est profonde dans le sens de grave, d'intense, d'authentique, de vraie, si elle concerne l'essentiel, alors elle nous renvoie, sans doute, des signaux, des stimulations puissantes et considérables par leur densité ou leur pouvoir d'éveil. Notre réceptivité et notre attention sont certainement à l'œuvre pour, reconnaître, identifier, discerner et capter au vol, la pensée, l'image, le bruit, la parole ou le clin d'œil porteur de correspondances parmi la multitude des signes qui s'agitent autour de nous et qui nous distraient trop souvent de notre quête.

Quand la remise en cause et le lâcher prise qui s'en suit  ne représentent pas une perte de soi, ni un effondrement, mais bien une ouverture vers soi et vers les autres. Quand l'état de vacuité (vide interne resenti) n'est pas un vide percé de manques et que l'investissement d'autrui est véritablement désintéressé, alors nous pouvons connaître ces sensations étonnantes, de nous sentir rejoins, comblés et réunifiés par ces mises en correspondances et ces compréhensions nouvelles qui nous semblent miraculeuses.

Il n'existe pas véritablement d'apprentissage de tout cela, nous pouvons cependant chaque jour nous exercer à rester centrés et ouverts, ancrés et souples, vigilants et disponibles aux étonnements, à l'inattendu ou à l'inespéré et aux émerveillements de la vie.

C'est le fruit de l'arbre de la remise en cause qu'il faut cultiver chaque jour avec attention si l'on veut déguster son goût sucré.

 

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