On a dis Bien être ?

par Simon TRAHARD.  Février 2010

 

   Je suis persuadé qu'il existe en chacun de nous, parfois de façon flagrante et parfois plus dissimulée ou plus profondément enfouie sous les peurs et les interdits qui nous envahissent, une envie irrémédiable de mieux-être, une tendance à rechercher le bien-être et même une disponibilité plus ou moins timide, plus ou moins affirmée… au bonheur.

Il me parait important de d'abord être en accord avec soi même, de se sentir bien avec soi même, de ne pas s'ennuyer de soi; il s'agit de se sentir bien d'abord dans sa tête puis d'être au clair avec ses propres confits intra-personnels qui envahissent et rongent parfois notre présent afin qu'ils n'empiètent pas sur notre capacité et sur notre potentiel de bien être.

Ensuite, il est également important d'être bien dans son corps, d'être en "harmonie" avec lui, de le sentir vivant, de sentir l'"homéostasie" dont il peut faire preuve, il faut arriver à ressentir la vie qui habite notre espace corporel, à sentir la vie en toute chose.

En ce qui concerne les relations humaines, être bien dans ses relations implique nécessairement une remise en question et parfois des prises de recul pour mieux nous comprendre et comprendre l'autre, nous devrion tenter de nous accorder de manière non conflictuelle avec notre environnement, être en paix avec autrui, en harmonie avec l'univers, le tout qui compose chaque chose, est une sensation rare et cependant plus accessible qu'il n'y parait au premier abord.

Alors que nous étions encore enfants, le bien être n'était pas une question qui se posait, les adultes étaient les dispenseurs de notre bien être au travers de notre dépendance, nous étions donc dasn une forme de bonheur ou de bien être par procuration, sans en être réellement conscients.
Maintenant que nous sommes devenus adultes, le bien-être se construit principalement en fonction de nos divers choix de vie, mais également de la qualité de nos relations humaines au quotidien, de notre façon d'être au monde, de notre responsabilité de nous même pleine et entière, et tout celà avec la condition nécessaire d'accepter de renoncer tout d'abord à la victimisation et dans un second temps à la mise en dépendance au travers d'attitudes insécures vis a vis de nos structures d'attachement à l'autre.

Il appartient donc à chacun de rechercher et de se donner les moyens de se réconcilier avec le meilleur de son potentiel, accepter d'être en développement dasn le bon sens tout en acceptant de devenir un bon compagnon pour soi et réussir alors à ne plus s'ennuyer de soi même.

Le bien-être n'est donc jamais le résultat direct d'une simple intention ou d'un désir, il est nécessairement couplé à plusieurs démarches qu'il me parait important de rappeler.

Apprendre à oser demander en prenant parfois le risque que la réponse de l'autre soie négative et ne corresponde pas à nos attentes.
 
Apprendre à oser recevoir les messages positifs qui nous viennent des autres, pour mieux les amplifier ou simplement les adapter à nous.
 
Apprendre à oser renvoyer les messages négatifs qui nous viennent parfois de l'autre, en se positionnant clairement grace à une prise de recul, en trouvant la bonne distance et en y réfléchissant de manière calme et intelligente ou même en renonçant parfois à poursuivre des relations qui peuvent se révéler néfastes ou encore "toxiques" pour nous.
 
Apprendre à oser donner gratuitement, sans attente en retour, sans ambiguïté, sans mettre l'autre en dépendance ou en dette.
 
Apprendre à parfois oser refuser, dire non c'est aussi prendre le risque de faire de la peine ou de décevoir.

Nous devons également pouvoir nous appuyer sur des "aides" suffisamment stables et solides pour nous aider à résister aux péripéties et aux avatars de notre propre évolution. Nous ne devons surtout pas oublier que nous restons en développement et que nous ne sommes pas figés dasn telle ou telle caractréstique particulière.

Il faut également songer à prendre soin de son corps et de sa santé. Mais aussi et le plus souvent possible tenter de cultiver des temps de méditation, de concentration et de plaisir à être, de plaisir à comprendre, à aimer.
 

On pourrait dire qu'ici, la clé principale du bien-être semble résider dans notre capacité à ne pas nous laisser définir par autrui, à cultiver notre potentialité et à ne pas cultiver la dépendance, à ne pas se laisser envahir par les tentatives de culpabilisation des proches ou de ceux qui prétendent nous aimer et qui au nom de “leur amour” voudraient nous faire entrer dans leurs désirs, leurs peurs ou leurs projets. Ce point me parait primordial et très complexe à appliquer concrètement, celà relève d'un travail sur soi long et fastidieux avant de reconnaitre toutes ces choses en l'autre, et encore plus de temps pour les reconnaitre enfin en soi et les comprendre afin de changer de manière responsable.

Ce qui est positif, c'est que nous savons que le bien être personnel s'enracine, s'appuie et s'amplifie dans l'intime de soi, mais il a necessairement besoin de rayonner, de trouver un écho certain d'une part dans l'environnement proche, mais aussi une sorte de correspondance avec tout ce qui participe à la vie de la planète, de l'univers, une sorte d'appartenance cosmique bien supérieure à nos limites humaines.

 On pourrait conclure cette chronique en soulignant sans amertume ni culpabilité, avec lucidité, humour et beaucoup de tendresse que le bien être personnel reste une "oasis" dans un désert d'incommunication entre les hommes, une "île" dans un océan d'injustices et de guerres, une "jolie fleur" dans un champ de violences et d'intolérances, une "graine d'espoir" à semer face à l'avidité du consumérisme et de l'individualisme dominant.

Le bien être est un art de vivre, à nous d'apprendre patiemment à en comprendre les clés tout en étant toujours relatifs.

 

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