Que connait-on de l'autre ?

Par S.TRAHARD. 01/2010

 

    Avant de se poser cette question importante, il s'agirait peut être d'abord de commencer à se demander ce que l'on connaît de soi, d'arriver patiemment à comprendre quelles sont les choses qui viennent de nous et que nous attribuons à l'autre, mais également les choses qui viennent de l'autre et que nous pensons venir de nous. Car dans les deux cas, ces constatations prouvent bien qu'il s'agit de remertte en cause nos conceptions premières.

En premier lieu, nous devrions savoir que l'autre, c'est celui qui n'est pas " moi ", c'est donc tous les autres, qu'ils soient proches ou plus lointains, familiers ou inconnus. Il est aussi très important de ne pas oublier que pour l'autre, c'est moi qui suis… " l'autre".

Ainsi, on peut voir que dans tout échange, tout partage, il nous vient de l'autre différents messages positifs ou négatifs qui vont avoir un impact certain sur moi, auxquels je vais donner une certaine tonalité affective, sociale. Ce sont des messages auxquels nous allons donner à notre tour un sens positif ou négatif et qui vont retentir et déclencher différents ressentis, enfouis à l'intérieur de nous même...

Le problème tient ici d'avantage de la nature profonde des ressentis que ces messages vont engendrer sur moi, en effet, selon la manière dont on perçoit le message, sa nature peut nous apparaitre déformée, il nous apartient donc de reconnaitre en nous ces ressentis et de les associer aux messages correspondants...

Nous pouvons par exemple avoir des ressentis positifs dans l'ordre du plaisir ou de la satisfaction, qu'il nous appartiendra entièrement de reconnaître comme étant une part entière de nous à un moment donné, on pourrait ici parler par exemple d'une sensation de bien-être, de joie, de stimulation énergétique positive, d'assurance, de confiance, d'abandon possible…

Mais parfois viendront aussi s'inscrire des ressentis plus négatifs de l'ordre du déplaisir ou de l'insatisfaction comme par exemple un malaise, une gêne inexpliquée ou non, un sentiment d'insécurité face à une situation donnée, de menace, de culpabilité, de déception, d'inhibition, d'agressivité, ou encore parfois un besoin de fuir, de me protéger… la lsite nous parrait soudain plus longue dans le domaine des ressentis négatifs, et c'est bien la raison pour laquelle il nous appartient entièrement de bien cerner toutes ces différences afin de pouvoir profiter pleinement des ressentis positifs que nous pouvons avoir.

Il est important alors de préciser que c'est à nous de "choisir" dans quel registre émotionnel nous souhaitons vivre notre vie en général, tout en sachant que nous connaitrons necessairement les deux. Ce "choix" nous appartient et est primordial au sens où le fait de le comprendre peut avoir une réelle incidence sur notre vie.

Si par exemple nous vivons dans le premier registre plutot positif, nous allons à notre tour envoyer des messages, des signaux qui peuvent stimuler l'autre et c'est alors que le cycle d'une rencontre fondée sur plaisir mutuel et partagé s'enclenche et peut se vivre pleinement à la satisfaction de chacun. Mais je peux aussi, avec des signaux que j'envoie à l'autre en les croyant positifs, l'inquiéter, le déstabiliser, ou encore le saturer (car c'est celui qui reçoit le message et qui va lui donner un sens)  et en retour il peut m'envoyer des signaux-réponses dans un registre nettement négatif (ou que je perçois commee étant nettement négatif...)!

Si alors ce que je ressent (message de l'autre) correspond au deuxième registre plutot négatif, je peux me positionner différement, et c'est à nous même qu'il appartient alors de faire le choix de ne pas être obligé de se transformer en quelque sorte en "poubelle affective et émotionnelle" qui accepte tout et qui reçoit sans rien dire.

Nous pouvons alors tout simplement "renvoyer" (comme au travers d'une forme de restitution symbolique)  à l'autre ce qui vient de lui et qui n'est pas bon pour nous. Cela tout au moins sur le plan verbal et bien sûr en suivant un principe fondamental à toute relation vivante: " Il n'est pas nécessaire de garder en soi tout ce qui vient de l'autre, mais seulement le meilleur ".

Ce principe pourrait encore se traduire par : « Nous pouvons accepter beaucoup, prendre sur nous et faire preuve d'écoute et de tolérance, mais il nous appartient entièrement de nous respecter vraiment et de ne pas entretenir des échanges qui peuvent être mauvais et qui nourissent une certaine "toxicité" en nous ! »

Il est aussi important de préciser une chose ici, c'est que parfois, ce que nous pouvons vivre dans le premier registre positif comme du plaisir, de la satisfaction, etc.. peut également déclencher en nous des peurs, des angoisses, des incompréhensions  si nous ne sommes alors pas prêt à recevoir du bon ou à oser être heureux... et ce sera alors le deuxième registre qui s'imposera en nous comme étant négatif, malgré des signaux positifs venant de l'autre.... D'où l'importance de comprendre ce type de concept qui apparaît fondamental dans la bonne gestion d'une vie en communanté...

D'autres fois encore, il peut nous arriver de vivre les deux registres positifs et négatifs en même temps: plaisir et malaise, nous serions alors tiraillés, ambivalents ou coincés dans des contradictions et des déchirements qui nous empêcheront de nous positionner clairement. c'est alors qu'il nous appartient encore une fois de comprendre ces interactions afin de les vivre sous un angle plus clair...

J'invite donc tout à chacun de continuer sa remise en cause et son envie de comprendre, de se comprendre et de comprendre les autres, afin de pouvoir chaque jour un peu mieux clarifier sa vie afin de tout simplement en profiter du meiux que nous pouvons.. Nous devrons donc faire d'avantage attention à tout ce qui vient de l'autre (ainsi qu'a tout ce que vient de nous) pour mieux entendre en nous ce que l'autre déclenche en nous, nous fait ressentir, que cela soit du registre positif ou négatif, mais aussi pour mieux entendre ce que nous déclenchons chez lui et qui sucite telle ou telle réaction incomprise...

Je vous invite donc à remettre en cause toutes ces fondations relationnelles afin de les voir sous un oeil nouveau et de vous demandez ce qu'elles vous apportent... ainsi que ce que vous leur apportez ...

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