L'importance des symboles, des actes symboliques, et leur force pour se réconcilier avec soi même.

par Simon TRAHARD.

La pratique des actes symboliques est sans aucun doute aussi vieille que l'humanité et toutes les cultures dites primitives. En Europe, nous avons perdu le contact avec la symbolisation au sens où elle ne nous apporte plus ce qu'elle devrait. Il serait temps de nous réconcilier avec elle, car la symbolisation est un des langages par excellence qui nous permet de dialoguer avec notre inconscient et de nous réconcilier avec les parts les plus essentielles de notre être. Les symboles sont toujours importants car ils permettent d'établir un pont, une passerelle inconsciente entre un événement passé et une situation présente et donnent un sens nouveau à notre histoire.

La tristesse et le désespoir sont souvent les langages masqués de l'incompréhension, de la colère et de la rage. La dépression peut agir comme un anesthésiant sur la violence engrangée face à des êtres aimés, et la mise en maux peut être une réponse (coûteuse) au silence des mots. Ce paradoxe est important car il reflète clairement le processus de somatisation, en d'autres termes, tout ce qui n'est pas dit mais qui restera vécu sur le plan du refoulé ressurgira un jour sous forme de maladies ou d'aspect dépressifs inexplicables.

 Le symbole est donc purement une dimension du langage qui ne doit pas se laisser enfermer ni dans la logique, ni dans le rationnel. Car le symbolisme peut être un moyen de parler directement à notre Inconscient.

Car sii les rêves, les actes manqués ou encore les lapsus sont aussi des manifestations de l'inconscient, la poésie, les contes, la création artistique et les symboles peuvent également être des outils dont nous disposons pour s'adresser à lui et lui envoyer des messages qui trouveront un écho dans ses stratégies.

Prenons un exemple. Telle petite fille s'est sentie abandonnée, rejetée ou humiliée dans son enfance, Devenue femme, elle peut en quelque sortes garder cette "programmation inconsciente" en elle et se sentir incapable d'être aimée, ou à l'inverse, sera toujours dans le besoin d'aimer pour s'aimer soi inconsciemment. Elle peut alors douter de ses ressources, s'isoler, neutraliser sa confiance en elle ou encore en vouloir au monde entier. Mais elle peut aussi décider de prendre en charge l'accompagnement émotionnel de la petite fille qui est en elle afin de mieux comprendre toutes ces parts inconscientes de sa personnalité. En lui donnant les soins et les attentions qu'elle aurait aimé recevoir, et cela au travers d'un symbole. Le dialogue symbolique est alors possible si l'on se laisse l'occasion de regarder les choses sous un angle différent et d'accepter que notre part inconsciente est primordiale dasn la gestion de notre quotidien.

Un travail de longue haleine.

La pratique des actes symboliques peut permettre à chacun de se ré-approprier un pouvoir de vie perdu et d'être agent de son changement à différents moments de son existence. Cette démarche contient une dimension thérapeutique importante, par le mouvement d'ouverture qu'elle amorce. Combien de situations problématiques non réglées avons-nous engrangées, au détriment d'un équilibre harmonieux et au prix de blocages, de déplacements, de répétitions ou d'anesthésies denotre propre être !

Avant toute chose, avant même de pouvoir symboliser, nous devons tenter de reconnaître ce qui a été touché, blessé en nous même au travers des paroles ou du comportement de l'autre. Cette écoute de soi n'est possible que si nous renonçons à vouloir a tout prix accuser ou à mettre en cause l'autre, car si nous lâchons le ressentiment lié au préjudice du à l'humiliation qui nous a été imposé(e). Nous pouvons alors, dans un premier temps, tout simplement écrire, en tentant de dire ce qui s'est passé chez nous, comment on a ressenti les choses intimement.

Le malentendu vient la plupart du temps de la difficulté à reconnaître ce qui a été touché en nous autravers de ces mots ou de ces actes qui nous ont blessés. Nous avons souvent tendance à parler sur l'autre, à l'accuser, à le rendre responsable ou à lui faire des reproches, directement ou indirectement.

A partir de cette première prise de conscience, il est possible d'essayer de trouver un objet symbolique, qui permettra de visualiser ce qui est venu de l'autre, ce qui a été imposé et qui ne paraît pas bon pour nous. On me demande souvent comment choisir l'objet ? Soyez sans inquiétude, il viendra à vous, il s'imposera d'une certaine façon comme représentation de ce que vous avez à restituer ou de ce dont vous devez prendre soin.

A tord, beaucoup de gens pensent qu'il suffit de prendre conscience d'un problème, de l'exprimer, d'écrire une lettre imaginaire ou de transférer ses sentiments (négatifs ou positifs) sur un thérapeute (un coach pourquoi pas..), ou sur celui que nous voulons rendre responsable de notre malheur, que dénoncer l'injustice subie suffit à calmer ses conflits ou apaiser ses ressentiments…

D'autres invoqueront la nécessité et les bienfaits du pardon. Celui-ci a pour pouvoir de diminuer parfois considérablement les ruminations et d'atténuer le comportement défensif, chez celui qui le donne ou le propose mais le pardon n'est pas une bonne solution au sens ou il laisse la violence chez celui qui l'a reçue ! Je propose donc de restituer au travers d'un symbole, c'est-à-dire par la médiation d'un objet, la violence reçue.

Symboliser, c'est-à-dire, transférer sur un objet un sens particulier qui nous est propre par rapport à un désir, à un projet ou à un sentiment, permet de développer une nouvelle dynamique de vie. Dans le processus de symbolisation, c'est  comme si la présence visuelle du symbole était susceptible de capter, de rassembler, et surtout de "cristalliser" des énergies de vie qui, autrement, resteraient éparpillées, morcelées et sans but.

L'effort de se respecter.

Des nombreux témoignages entendus concerant l'efficacité du symbolique sont parfois variables, il émane parfois un sentiment d'incrédulité, voire de suspicion : " Ça a marché, cette fois-ci, mais…", "si c'était aussi simple il n'y aurait plus de problème !" ; mais aussi un sentiment de gratitude à l'égard de soi-même, pour avoir osé se respecter en faisant quelque chose pour soi, c'est la part la plus importante dasn ces cas de figure..

Parfois , il y a aussi de la méfiance à l'égard d'une pratique qui échappe aux règles de la logique simple, qui déstabilise des comportements et des conduites inscrits en nous depuis notre enfance sans jamais avoir été remis en cause.

Si je choisi de vous parlez en premier lieu du symbole, de l'acte symbolique et de leur pratique, c'est pour pour tenter de montrer combien il peut être vital, important, de respecter sa propre intuition, son ressenti intime, à l'intérieur d'une relation claire avec soi-même. En refusant de s'enfermer dans le réactionnel (à base de ressentiments, de projections, d'accusations ou de critiques toujours négatives) pour rester ou revenir dans le relationnel (à partir d'affirmations, de demandes claires, d'invitations ouvertes).

L'énergie vitale qui est alors libérée de ses fradeaux du reactionnel permet de vivre plus intensément et plus harmonieusement avec soi même.

 Symboliser nous réconcilie avec les forces vives qui nous habitent et nous permet tout à chacun de s'affirmer et de se responsabiliser au travers d'une méthode accessible à tous.

Pratiquer la symbolisation active régulièrement est d'une certaine façon, apprendre à mieux s'aimer en prenant soin de se respecter.

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