Pourquoi avons nous peur du Psy ?

 par Simon TRAHARD. Juin 2010

 

« Je ne suis pas fou »

Que notre démarche soit volontaire ou conseillée, aller voir un psychologue réveille en nous des peurs, comme par exemple celle dêtre évalué, jugé. Dépasser ces craintes, c’est redevenir auteur de son devenir.

Face au psychologue, en général par ignorance de sa science et de son éhique, on a peur. On craint de dévoiler ses jardins secrets ou ses fantasmes. On imagine aussi, à tort, être en face de quelqu'un qui va juger ou déterminer ce qui est bien ou mal en nous et décider de ce qui doit changer dans nos comportements pour que notre vie en soit amélioré. Bref, on a peur du pouvoir que le psychologue exerce sur nous.

L'une des composantes de la peur est souvent la méconnaissance de l'objet de la crainte. C'est aussi l'impossibilité de maîtriser quelque chose ou quelqu'un, ou encore celle de faire face à une situation précise. Et la peur, c’est le contraire de l'espoir. Ces deux notions sont en rapport avec l'avenir, même si la peur plonge ses racines dans le passé... Car chaque satisfaction obtenue, chaque acquisition bénéfique contient aussi le germe d’une perte et engendre la peur.

La peur, c'est également cette énergie que l'on utilise pour occulter notre élan de vie, nos espoirs, notre faculté de rêver et de nous approcher des autres. Autrement dit, la peur nous empêche de prendre des risques. Et même si, quelquefois, ce sentiment nous préserve de fausses manoeuvres, il paralyse rapidement toutes nos pensés, nos actions, bref, tout notre potentiel de vie (d’être).

Nous devons reconnaîre qu'il existe, hélas ! aux déens de la profession beaucoup de charlatans et d’apprentis sorciers qui, sans formation adaptée, appliquent telle méthodologie ou telle autre approche, sans bien sûr en maîriser les implications et en corriger les conséquences. Cela la plupart du temps au dériment du patient, en premier lieu. Je pense, entre autres, à l'utilisation des tests sur le caractère et le tempérament qui enferment l’individu dans une image de soi dans laquelle il joue son propre jeu, confirmant ainsi le diagnostic du "pseudo-psy". L'utilisateur de ces tests s’arroge le droit de cataloguer une personne en termes aussi réductionnistes que : colérique, flegmatique, sanguin,etc. Même si, dans le meilleur des cas, ceux-ci révèlent une des facettes de la personne, il est évident que sa personnalité ne se limite pas à cet aspect et qu’elle vaut beaucoup plus que cela.

« Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute »

Il existe aussi une autre pratique, heureusement assez rare. Lorsque le psychologue transforme en flatteries les éléments présentés par le patient, qui posent problème, invoquant pour cela le manque de coeur dans les relations humaines. C'est le cas lorsqu'il dit : « C'est bien, ou Vous avez raison », alors que, justement, le patient doit prendre conscience que le fonctionnement de sa structure mentale fait défaut.

 Le développement psychologique basé sur la véracité est gravement perturbé car, à son tour, le patient se met à flatter. De cette manière, thérapeute et patient se bercent mutuellement de flatteries, amplifient leurs sentiments de valeurs personnelles et donnent l'impression de pouvoir travailler merveilleusement bien ensemble. La confiance, noyau indispensable, se trouve faussé.

Une psychothérapie sinscrit donc dans une relation qui se veut authentique. Elle comprend donc, de la part du psychologue, de la chaleur humaine, du tact et de l’empathie. De manière à effectuer un travail non pas uniquement "pour" son patient, mais "avec" lui, en le rendant en quelque sorte, coauteur de sa propre thérapie.

L'essentiel du travail d'un psychologue est d'aider la personne à se sortir de son enclos qualificatif, élargir son espace psychique afin de pouvoir développer ses autres potentialités. Il s'agit d'épauler le patient qui souffre, parfois même déchiré par ses conflits internes, son entourage ou des crises événementielles, à mieux se comprendre et à supporter les événements tragiques de la vie, avec les questions qu'ils posent. Tout cela va dans un sens contraire au « catalogage ».

Par son travail, le psychologue permet à la personne de ne plus être "figée" sur une position qui rend difficile, voir impossible, son monde relationnel. D'autant que la souffrance, l'ancienneté des conflits, leur nature sont aussi des éléments déterminants dans l'indication d'une théapie et qu’un test ne peut les prendre en compte.

A la recherche d’un bon psy ?

Combien de fois n’entendons-nous pas cette phrase : « Je cherche l'adresse d’un bon psy » ?

Toujours cette habitude de classer les gens et les genres. En quoi un psychologue peut-il être considéré comme « mauvais », dans la croyance populaire ?

Il est considéré comme tel si on attend de lui qu'il fournisse à la fois un diagnostic, une solution et même l'effort pour appliquer celle-ci. Autrement dit une grande partie de ce que le patient doit faire seul, car il se refuse à une telle pratique.

La consultation psychologique s'inscrit dans une relation de confiance entre le thérapeute et le patient. Celui-ci a d'ailleurs le droit le plus absolu de changer de praticien si ce noyau indispensable de confiance ne peut être établi. Car, lorsque le patient est débarrassé de la peur, la confiance est la base de l'action thérapeutique qui s'exprime dans une relation très privilégiée.

Une fois déarrassé de la crainte née de l'incompréhension, il lui est possible, en osant la rencontre avec un thérapeute, d’aborder le chemin de l'espoir, c'est-à dire la réconciliation avec soi-même, conduisant tout simplement à une meilleure qualité de vie.

 

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