De l'art de ne pas communiquer ou de

casser la communication entre les êtres humains.

par Simon TRAHARD Avril 2010

 

Nombreuses sont les manières de manier le langage à nos propres fins. Souvent de manière inconsciente, nous sommes des experts qui manient des armes très puissante dès lors qu'il s'agit de nous défendre dans la "non-communication". Nous pourrions relever un certain nombre d'exemples concrets s'appuyants sur ces "esquives" conversationnelles, sur ces "outils rhétoriques négatifs" qui ne sont la plupart du temps absolument pas philosophiques et qui ne nous permettent que de fuir... que de nous fuir en fin de compte...

Par exemple:

Commencer une discussion par une question négative directe qui vise à blesser l'autre ou encore à mettre l'autre en difficulté ou à le rendre coupable de ne pas avoir fait, d'avoir fait trop, pas assez...

Utiliser le ON et le NOUS en restant dans les généralités, cela nous permet de nous déresponsabiliser et d'occulter la part du "JE" qui souvent est essentielle au niveau de la remise au cause

Mal utiliser le "TU" (non pas le "tu" d'intimité, d'échange à 2 mais plutôt le "tu" d'injonction, qui sert à reprocher) c'est  à dire s'arranger pour toujours parler sur l'autre ou de l'autre et jamais, au grand jamais de soi. Mais aussi et surtout pour remettre exclusivement l'autre en question et bien sûr ne pas le faire pour soi." tu as vu ce que tu as fait là, tu n’aurais pas dû, tu es vraiment insupportable,etc , etc… "

Porter des jugements hâtifs sur ce qui est dit, sur ce qui est fait, sur ce qui est "pensé", sur la façon d'être, ou encore de se comporter.

- Faire valoir ses "opinions", sachant que l'opinion ne sert strictement qu'à opiner et qu'elle n'aura de valeur que pour vous au final, qu'elle vous restera toujours subjective et insensée en comparaison à la sagesse dans la communication, ne pas prétendre détenir la vérité mais tendre vers elle dans une construction mutuelle, écouter ses émotions plutôt que ses opinions.

- Se focaliser à tord sur la nature des problèmes, des difficultés rencontrées et non de soi-même ou encore de la façon dont nous vivons le problème ou la difficultéen question, de ce que nous ressentons, de ce que ces problèmes impliquent pour nous.

S'arranger pour créer de l'opposition plutôt que l'apposition. La création est bien sûre meilleure que la lutte aveugle. 2 personnes en colère ne peuvent faire naître que de la colère et se monter encore plus l'une contre l'autre sans jamais écouter les "arguments" que l'un ou l'autre a à avancer.

- Bien sûr éviter par dessus tout de dire directement ce que je ressens, ce que je pense, celà prouverait un certain aveux de faiblesse par rapport aux autres ... C'est souvent de cette dynamique que naissent l'agressivité, les élans hostiles et parfois même la violence. Car reconnaître ses émotions en soi, les comprendre et les accepter, sasn craindre le regard de l'autre, c'est "se" faire violence. Et beaucoup tentent de fuir cette remise en cause et préfère déporter leur "violence" interne vers l'autre.

Prêter des  intentions à l'autre, surtout celles de me nuire, d'être contre moi, de faire preuve de mauvaise volonté comme celle de ne pas me comprendre, de jouer à l’idiot, de se moquer, nous connaissons tous ce genre d'attitudes…

Essayer coute que coute d'avoir raison, d'élever la voix, de chercher à convaincre, de démontrer que, de se justifier.

S'abriter derrière son orgueuil, sa fièrté, son entourage, ses compétences, sa grand-mère ou encore son savoir.

Douter des propositions de l'autre, les critiquer, les modifier et surtout ne jamais affirmer les siennes…

Si ces moyens se révèlent insuffisants, trop mous, trop lents, vous pouvez  à ce moment là utiliser une arme anti-communication tout terrain d'un usage simple et qui se résume en une seule phrase :

« de toute façon il n'y a pas moyen de causer avec toi ».

Tous ces points sont bien sûr à interpréter avec une légère teinte d'ironie, il nous arrive tous quasi quotidiennement d'appliquer ce genre "d'armes communicationnelles", pas toujours pour faire évoluer les choses dans le bon sens mais plutôt pour nous défendre, nous ré approprier notre raison, notre orgeuil, et surtout ne pas reconnaitre que nous avons tord, parfois, même très souvent. C'est un travail quotidien que représente la remise en cause, elle n'est pas un "doute généralisé" mais une construction progressive qui s'aquièrt petit à petit à force de travail sur soi même.

Cependant, nous pouvons toujours tenter au quotidien d'utiliser au minimum ce type de "mauvaises communications" qui nous dévalorisent vis a vis de nous même inconsciemment et qui pollue indirectement toutes nos interactions sociales.

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